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Synthèse des échanges du Congrès - 28 Janvier 2019

Table ronde : Penseur et porteur de projets dans les territoires, l'humain est une richesse à impliquer

Table ronde animée par Emeric BREHIER, expert associé à la Fondation Jean Jaurès.

Intervenants :

  • Fabien BAZIN, Maire de Lormes et Vice-président du Conseil départemental de la Nièvre ;
  • Alain BUCHOT, Vice-président du CNEA, chargé des territoires ;
  • Olivier DUPONT, Directeur associé du Cabinet Identité RH ;
  • Bouchra HABBACHE, Déléguée régionale Franche-Comté du CNEA, Directrice de la Fédération musicale de Franche-Comté ;
  • Régis JUANICO, Député Nouvelle Gauche de la Loire
  • Sylvain MARCHAL, Délégué de la Confédération musicale de France, directeur de la compagnie Cadence

 

Emeric Brehier rappelle à quel point les « territoires », dont l’histoire et les rapports avec l’État restent complexes, sont des acteurs de l’innovation sociale. L’échange de cette matinée permettra de confronter et de partager des expériences différentes de ces acteurs des territoires, chacun dans leurs métiers et spécificités.

Première question : y a-t-il des spécificités RH dans les secteurs de l’ESS, et comment vont-elles évoluer dans les années à venir avec la réforme sur la formation professionnelle ?

Olivier Dupont remarque que le rapport entre les compétences et les territoires soulève deux défis : prendre mieux en compte les disparités territoriales (seules 4 régions et 34 zones d’emploi concentrent plus de 50 % des embauches à l’échelle nationale) et comment renforcer l’accès aux demandeurs d’emploi et aux actifs à la formation professionnelle, de manière plus personnalisée. Il s’agit donc de concevoir et de proposer des services, prestations et dispositifs qui soient adaptés aux besoins actuels et futurs, de préparer les compétences de demain (qui ne seront pas celles d’aujourd’hui), et d’accompagner des acteurs locaux qui veulent bien faire mais font souvent de manière assez désordonnée.

Mais le contexte des enjeux RH des employeurs et des organisations est en plein bouleversement. Comment attirer au sein d’une entreprise et d’un territoire les meilleurs talents, selon quelle stratégie ? Et comment les fidéliser par la suite ? Faire en sorte qu’il y ait une transmission du savoir aux générations futures ? Comment la notion de créativité peut devenir naturelle, avec des employés qui s’autorisent à être innovants dans des « entreprises libérées » ? Enfin, comment s’assurer de la motivation et de l’engagement de ces salariés ? L’année dernière, selon Pôle Emploi, 150 000 emplois n’ont pas été attribués, par manque de cohérence entre les attentes des demandeurs et les compétences proposées.

Il s’agit de mettre en place, dans les territoires, des écosystèmes qui se parlent, entre public et privé, entre institutionnel et associatif, entre « grands » et « petits », pour mettre au tour de la table des compétences variées, pour renforcer les synergies, créer des dynamiques d’apprentissage. Typiquement, des laboratoires d’innovation publique sont créés dans des territoires, par exemple le SIILAB dans les Hauts-de-France pour créer une dynamique régionale autour de l’économie sociale et solidaire.

Aujourd’hui, les compétences deviennent le nerf de la guerre de l’employabilité, de la performance économique et sociale, de l’attractivité des territoires. Et les compétences qui doivent être mises en avant sont les compétences transverses, selon une étude récente les dix compétences principales pour 2020 sont les suivantes : la résolution de problèmes complexes, la pensée critique, la réactivité, le management des individus, la coordination avec les autres, l’intelligence émotionnelle, la capacité de jugement et de prise de décision, l’orientation service, la négociation et la flexibilité cognitive. Aucune de ces compétences n’est technique, elles sont toutes liées à la capacité de gérer la complexité, de sortir du cadre de référence, de travailler en interaction et de s’appuyer sur ses émotions et sa personnalité pour mieux interagir avec les autres. Donc, il s’agit de mieux coopérer, de mieux traiter les échanges collectifs réciproques dans une entreprise, paramètres fondamentaux de la performance économique et sociale.

Mais cela impose de revoir la façon d’apprendre, il ne s’agit plus d’acquérir des compétences mais de développer des compétences, en arrivant à susciter le désir d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses, ce qui passe par la formation initiale puis la formation continue mais aussi par l’accompagnement au quotidien par les managers. On sait qu’en moyenne, aujourd’hui, 70 % des apprentissages sont informels, c’est-à-dire qu’ils sont liés au quotidien du travail.

Comment adapter les manières d’apprendre, en fonction des dernières découvertes en neurosciences et en capacités d’apprentissage, afin d’utiliser au mieux le numérique, les Intelligences Artificielles et les nouvelles technologies, pour apprendre différent, sans tomber dans la stigmatisation numérique des personnes ? Un certain nombre de facteurs sont nécessaires pour y arriver : une démarche la plus inclusive possible qui donne des champs d’expression à toutes les parties prenantes, une démarche la plus innovante à la fois dans les manières de faire et dans les outils, une logique à l’échelle du territoire qui embarque les partenaires publics, privés et associatifs, ainsi que les représentants des salariés ou des personnes en recherche d’emploi. Et surtout, il faut développer une démarche beaucoup plus itérative, qui utilise à plein l’expérimentation, plutôt que de construire des dossiers pendant des années qui ne correspondront plus aux besoins lorsqu’ils seront enfin mis en œuvre.

Sylvain Marchal aborde la question de l’enseignement et les pratiques musicales en milieu associatif, via les activités de la Confédération musicale de France. Il y a plusieurs milliers d’associations musicales en France, et environ 2 000 structures d’enseignement musical à proprement parler, pour environ 200 000 élèves et usagers et 2 000 enseignants (sans doute plus de 3 000 ETP). Depuis cinq ans, dans un milieu qui a été très peu observé, un certain nombre de choses se sont produites.

Il y a d’abord un constat sur les idées reçues : une association musicale serait le fait d’amateurs et donc il n’y aurait pas vraiment d’économie de cette activité. En réalité cette activité brasse des millions d’Euros et crée des centaines d’emplois. Il y a donc un problème de simple reconnaissance de cette activité.

Autre point, le maillage territorial, tout à fait complémentaire à celui de l’institution, c’est-à-dire les grands conservatoires classés par l’État, qui sont essentiellement situés en milieu urbain et péri-urbain ainsi que les écoles de musique territoriales, gérées par les communes et les communautés de communes. Les écoles associatives se situent pour leur part plutôt en milieu rural et dans les quartiers. Et chacun de ces groupes reçoit au-delà de 200 000 élèves, y compris le milieu associatif qui répond ainsi à l’absence de l’institution dans les territoires, ce qui le rend légitime pour interroger les politiques publiques sur leur rôle de soutien et d’accompagnement. Mais encore faut-il considérer que la démocratisation culturelle reste essentielle et qu’elle est bien d’intérêt général, pour la construction d’un individu responsable et engagé.

Troisième point, ce monde de la pratique de la musique associative propose une alternative au consumérisme culturel. L’industrie culturelle est omniprésente, il suffit d’ouvrir la porte d’un magasin pour entendre de la musique et voir des images, c’est une des plus grandes puissances économiques européennes, avant même la construction automobile. L’individu qui va voir un spectacle vivant entame une démarche volontaire, il va vers la culture, il fait une démarche. Mais dans l’enseignement et les pratiques associatives, l’individu, l’être humain, devient acteur de sa culture, c’est lui qui va construire son parcours artistique, dans le temps et dans les territoires.

L’accès à l’art n’est pas seulement une affaire d’outils, d’applications ou de tablettes, mais surtout un besoin d’avoir des êtres humains médiateurs, qui amènent du savoir et qui sont capables de faire émerger les compétences et les savoirs des autres êtres humains. (Applaudissements.)

Emeric Brehier relève le terme de « besoin de reconnaissance » évoqué par M. Marchal : y a-t-il bien un manque de reconnaissance des structures associatives par les acteurs publics ?

Bouchra Habbache répond que c’est même une question de visibilité, la visibilité des milliers d’employeurs qui n’ont pas de responsable RH, pas de direction structurée apte à maîtriser tous les sujets, et en particulier le dialogue social. Parler « d’intelligence émotionnelle », de « démarche inclusive » ou de « créativité des salariés », plutôt que de « productivité » ou de « rendement » est heureux, en particulier dans le secteur artistique. Mais comment construire et accompagner cette reconnaissance et cette visibilité ? Quelles sont les valeurs à défendre ? Le projet de manifeste est une façon de remettre au centre de l’économie sociale et solidaire ce qui fait sa spécificité, l’accompagnement et l’éducation, appuyés par une réelle valeur humaniste.

Dans cette logique, il faut s’interroger sur le rôle et l’activité des têtes de réseau, des structures-ressources qui accompagnent : est-ce que les grandes structures d’éducation populaire ont la capacité d’accompagnement ? Comment peuvent-elles prendre par la main les plus faibles, ceux qui ne savent pas faire, ceux qui ne savent pas comment remplir un formulaire CERFA par exemple ? On parle beaucoup d’innovation, mais comment on se débrouille pour la laisser s’exprimer quand tout est formalisé et normé, notamment dans la constitution des dossiers de subvention ? A-t-on seulement la liberté de remplir les cases pour répondre aux commandes publiques ? Qui est encore porteur et penseur de projets sur les territoires ?

La loi Notre a largement rebattu les cartes auprès des communes et des intercommunalités : qui seront les interlocuteurs de demain, la loi Notre impose que la région soit cheffe de file sur la jeunesse, mais on n’en a pas encore parlé ? Qui dans cette salle est présent dans les conférences territoriales de l’action publique ? En somme, comment être véritablement acteurs, penseurs, c’est-à-dire des agitateurs dans les territoires ? (Applaudissements)

Alain Buchot rappelle que l’association départementale des Francas du Doubs gère les activités enfance et jeunesse pour le compte de 80 collectivités locales, et compte 600 salariés, dont 200 salariés le matin pour l’accueil des enfants et 500 salariés le midi, dans un département essentiellement rural et dans un contexte particulièrement complexe et difficile. Dans les années 1960, quand les usines Peugeot s’installent dans le département, des arrivées massives d’enfants sont constatées, avec une mission d’émancipation sociale à mener à bien.

Mais aujourd’hui tout est fait pour faire entrer les associations dans des cadres formels, des logiques d’inscription. Mais sur les territoires, pour ces associations, la question de l’humain a toujours été extrêmement présente : mobilisation de bénévoles, d’énergies, savoir-faire dans la mobilisation des ressources humaines. Les élus locaux le savent bien, la richesse des territoires se mesure à l’importance de la ressource sociale mobilisable. Une ville « riche » est une ville qui a beaucoup de réseaux d’entraide, d’associations, de bénévoles, d’agir-ensemble, y compris en lien avec les élus locaux, dans le cadre de conventions d’objectifs notamment.

Aujourd’hui tout ceci s’est transformé, dans une logique de simple commande publique et de diminution des financements publics. Les participations communales stagnent ces dernières années, malgré des commandes qui augmentent, donc il faut être plus performant, dans un marché très concurrent et une logique du « moins-disant » du point de vue économique. Depuis le 1er octobre, il y a obligation de répondre aux marchés publics de manière dématérialisée, via des fichiers informatiques, et non plus en allant expliquer directement les choix et possibilités proposées auprès des décideurs. La publication des appels d’offres se réalise aujourd’hui avec l’accompagnement de cabinets experts, qui publient et ordonnent les marchés pour les communautés. C’est une tendance inquiétante, parce qu’elle est complexe et que les associations n’y sont pas habituées.

On voit aussi apparaître une nouvelle logique, celle de commandes publiques pour lesquelles il n’y a même plus de financement public. Dans le Haut-Doubs, dans le cadre d’un marché public, on a dit aux associations qu’elles ne devraient pas avoir besoin de financement public, on leur proposait seulement un local pour travailler, en comptant uniquement sur le financement des personnes intéressées.

La réforme territoriale a eu deux effets : des marchés qui sont énormes, avec des collectivités qui recherchent des associations susceptibles de répondre à des besoins très importants, donc souvent des structures du secteur marchand. Hier, les associations pouvaient discuter de gré à gré avec les collectivités locales, dans une dimension humaine, aujourd’hui ce sont les intercommunalités qui sont actrices, avec des directeurs généraux, et de fait la relation politique avec l’élu local est en train de disparaître. Et tout un tas de compétences sont transférées à l’intercommunalité, ce qui fait qu’elles ne sont plus discutables dans la commune directement. Dans le monde rural, de plus en plus, les élus locaux sont dépossédés de leurs compétences passées.

Les associations comme les Francas du Doubs ont vécu une année très difficile en matière d’emplois, à cause de la suppression des emplois aidés, alors qu’elles avaient permis à des jeunes de créer de vraies dynamiques, notamment dans les villages les plus excentrés, dans la Haute-Saône notamment. Tout cela a été abandonné et les jeunes en question sont désormais en difficulté, le développement de l’emploi, l’amélioration des temps de travail, les initiatives locales, tout cela est oublié, pour revenir à une situation de précarité de l’emploi qu’on n’avait pas vue depuis des années, avec des contrats de travail de 10 heures hebdomadaires au mieux, et un turn-over très important en conséquence. Et ce sont les missions de service public qui sont mises en cause, avec une incapacité de nourrir les temps périscolaires et extrascolaires dans les milieux ruraux. Certaines associations, qui ne trouvent plus d’intervenants, en sont à aller chercher des retraités en leur proposant un petit complément de retraite, pour assurer ces missions de service public. Le législateur devrait s’emparer de ce problème des services publics sur les territoires. (Applaudissements)

Régis Juanico rappelle qu’il a travaillé lors du dernier mandat, en tant que rapporteur spécial de la Commission des Finances, sur les crédits budgétaires du sport, de la jeunesse et de la vie associative, ainsi que sur l’économie sociale et solidaire lors de la loi portée alors par Benoît Hamon. Le département de la Loire a une tradition et une histoire, du point de vue de l’ESS, en tant que berceau de la mutualité. Aujourd’hui, avec 750 000 habitants dans le département, l’ESS représente entre 25 000 et 30 000 emplois, soit environ 13 % des emplois du secteur privé.

Le mandat de député ne consiste pas qu’à faire des lois à Paris et à évaluer les politiques publiques, c’est aussi être en permanence connecté au terrain et en particulier à la vie associative. La note réalisée pour la France Active sur la solidarité montre qu’il y a désormais un tassement de l’emploi associatif, et pour 2017 pas moins de 25 000 associations qui ont dû mettre la clé sous la porte. Le nouveau ministre chargé de la Jeunesse et de la Vie associative fait remarquer que pour novembre 2018, il n’y a jamais eu autant de créations de nouvelles associations. Mais les chiffres de suppression des associations pour 2018 seront encore pires qu’en 2017 ! Ce sont les premières conséquences de la décision, particulièrement brutale, de réduction des contrats aidés.

Lors du précédent mandat, des textes de loi avaient été préparés pour aider les associations employeuses à acquérir un minimum de stabilité, il y avait 450 000 emplois aidés en 2016 pour une durée moyenne d’au moins six mois. Les conséquences de la réduction drastique des emplois aidés ne concernent pas tant les petites associations ni les grandes structures, mais les associations moyennes, celles qui ont à la fois un fort volant de bénévoles, mais qui ont besoin d’un ou deux contrats aidés, en particulier pour décharger les bénévoles des tâches administratives, qui représentent une charge de travail importante. Ces associations sont sous le coût de la réduction drastique des contrats aidés, au nom de la maîtrise de la dépense publique : 460 000 contrats aidés en 2016 pour 4,2 Mds € d’effort budgétaire, 100 000 contrats aidés en 2019 pour 700 M € à peine. Mais elles subissent aussi la baisse du taux de subvention par l’État, et une nouvelle formule, les « parcours emploi-compétences », qui ne fonctionne pas sur le terrain.

Les députés Marie-George Buffet (PCF) et Pierre-Alain Raphan (LREM) ont présenté un rapport devant la Commission des Affaires Culturelles il y a quelques mois, sur la réduction des emplois aidés dans les associations culturelles et sportives. Ils y proposent la création d’un fonds global d’aide à la création d’emplois pérennes, pour les associations, qui regrouperait l’ensemble des fonds qui existent aujourd’hui (FONJEP, FONPEP, CNDS, etc.).

Enfin, une étude récente du CoSMoS, syndicat employeur du secteur sportif, montre qu’un tiers des emplois de ce secteur bénéficient d’une aide à l’emploi, et que ces aides ont été déterminantes dans les embauches réalisées. Sans aide financière, les associations n’auraient pas embauché, et il s’agissait majoritairement du premier emploi dans ces associations.

Pour terminer, la logique de technocratisation des appels à projet est effectivement un problème pour les associations, le dossier de subvention du CNDS totalisait encore récemment pas moins de 40 pages ! La relation entre la vie associative et les pouvoirs publics est de plus en plus déshumanisée et les projets associatifs ont de plus en plus de difficulté à exister. (Applaudissements)

Emeric Brehier s’interroge sur une tendance des engagements associatifs, qui tendent à perdre de leur durée et sont de plus en plus « ubérisés », ils sont souvent ponctuels, sur le moment et pas dans la durée, et donc s’inscrivent bien moins aisément dans les territoires.

Fabien Bazin rappelle qu’en termes de générations, c’est un moment particulier dans l’histoire de l’humanité : c’est la première fois que quatre ou cinq générations cohabitent, que l’espérance de vie est aussi longue, sans parler des rêveries du transhumanisme. Pour le philosophe Michel Serres, il y a eu trois grands moments dans l’humanité, l’invention de l’écriture, l’invention de l’imprimerie et plus récemment l’invention d’Internet. Sur la question des métiers, on ne sait pas aujourd’hui à quoi ressembleront la moitié des métiers qui seront exercés d’ici dix ans.

Une fois tout cela énoncé, on constate sur le terrain que des régions sont en plein déménagement de leurs services, que des départements tentent de faire le deuil de leurs compétences « nobles » comme le développement économique, et on découvre que les politiques de solidarité, de l’humain, sont extrêmement importantes en fin de compte et que le lien avec les associations ne peut pas être que technique et financier.

On n’arrivera plus à régler les problèmes quotidiens d’aujourd’hui sans les associations, personne n’a envie de finir sa vie dans un EHPAD, alors que faut-il imaginer pour la fin de vie, qui va être beaucoup plus longue ? À Lormes, le réseau social « Faire compagnie » (www.fairecompagnie.fr) a permis d’identifier 80 personnes en situation d’isolement et de rassembler 120 bénévoles prêts à intervenir pour aller faire les courses, aider à la mobilité ou juste tenir compagnie. Grâce à cette initiative, on s’est aperçu que sans les aidants, sans les élus locaux, sans la famille, aucune solution n’était possible.

Il faut voir les choses de manière optimiste : l’impossibilité de traiter les problèmes fera qu’au final c’est le fait associatif qui reprendra le pouvoir, en toute proximité, avec une nouvelle organisation pour faire vivre les territoires. Les associations d’insertion voient arriver une forme de concurrence, elles doivent se mettre à créer elles-mêmes des entreprises à but d’emploi, et donc accepter que le temps de transformation est pour tout le monde, avec un nouveau pacte territorial et local, sans pouvoir se reposer sur l’État, pour de nouvelles façons de vivre ensemble.